Look/ Apparence
Les vietnamiens portent énormément de soins à leur apparence, que ce soit au niveau vestimentaire ou de l’attitude : regardez bien ces jeunes collégiennes en ao dai blanche (tunique traditionnelle) sur leur vélo, se tenant impeccablement droites, les commerçantes toujours parfaitement coiffées et coquettes. Si vous allez au dancing des hôtels Hai Yen ou Lodge, vous trouverez des demoiselles en robes longues au top de l’élégance locale. Les cérémonies (mariage par exemple) se font toujours en grande pompe (costume cravate pour les messieurs, ao dai classe pour les dames ou tenue élégante). Mais attention : cet attachement permanent à l’esthétique n’a pas pour but de se faire plaisir (ou pas seulement) mais est destiné a offrir à l’autre, voisin , ami, ou simple inconnu une perception positive, on pourrait même dire honorable et respectable de soi-même.
Si vous vous promenez en short avec un sac à dos, vous serez catalogués comme touriste routard. Tendez l’oreille et vous reconnaitrez peut être les mots “Tay Ba Lo” à votre propos (Tay = occidental, Ba Lo du français balot signifie que vous vous promenez avec un balot donc un sac à dos). Pas de doutes, c’est tout à fait nous…
Les prix
Jusqu’aux environs de 2002, il existait un système officiel de prix basé sur la nationalité. Cet «apartheid économique» a été mis en place par l’Etat au travers de ses entreprises nationales (chemins de fer, compagnie aérienne, musées). Ainsi, un billet d’avion Nha Trang/Sai Gon coûtait 40 dollars pour un étranger et 20 dollars pour un vietnamien et tout était à l’avenant : dans pratiquement tous les sites, vous trouviez un tarif local et un tarif étranger. A ce système officiel s’ajoutait le même type de discrimination chez les commerçants, hôteliers, restaurateurs etc.
Depuis 2002, l’Etat a décidé de prendre exemple sur ses voisins de l’ASEAN (une copie de l’Union européenne à la sauce asiatique) et il a été décidé qu’un tarif unique pour tous serait applicable dans les services publics. Ainsi, la compagnie nationale de chemin de fer, la Vietnam Airlines, certains sites touristiques etc… se sont progressivement convertis. En revanche, il en va tout autrement pour les petits commerçants : à la vue d’un blanc (ou d’un japonais) , les prix grimpent, parfois sans limites : on vous demandera souvent le double et quelquefois beaucoup plus que le prix qu’aurait payé un local pour un même service (les prix peuvent redescendre de façon tout aussi spectaculaire après marchandage).
Ce système qui choque les occidentaux conduit même certains touristes à recommander d’éviter la destination Vietnam car on s’y ferait arnaquer en permanence. On peut ainsi trouver de nombreuses contributions dans les forums de routards sur le thème «ce sont tous des voleurs, n’y allez pas, danger arnaque». Propos peut être excessifs mais tout de même intéressants car on ne trouve que très peu de témoignages de ce genre à propos de la Thaïlande ou de l’Indonésie qui sont pourtant des destinations un peu du même genre (exotiques et bon marché) et ou les locaux ont aussi le sens des affaires…
Cette singularité vietnamienne peut s’expliquer par la combinaison de deux facteurs : la situation économique du pays, résultat des trente années de fermeture totale du pays sur lui même après la fin de la guerre américaine et la connaissance qu’avaient les vietnamiens avant 1973 de l’occidental sous les traits du GI aux poches bourrées de dollars.
Un seul exemple : aujourd’hui, une coupe de cheveux coûte environ 5000 dongs à la campagne soit à peu près 0.35 €. Vous avez bien lu, trente cinq centimes d’euro et bien sur, tous les prix des services sont du même genre. Une soupe Bo Bun coûte 6000 dongs (0.50€), un coca cola 3000 dongs (0.20€). Cela signifie,
1- que les vietnamiens peuvent vivre avec très peu de sous mais
2- que les revenus d’un vietnamien moyen, par exemple d’un coiffeur, même en travaillant beaucoup seront sans rapport avec ceux d’un occidental et qu’il est donc bien obligé de vivre avec très peu de sous. Par contre, tout le monde sait au Vietnam que les occidentaux sont «riches» et que payer une coupe 6 ou 10000 dongs, facturer un coca 5000 dongs, c’est une peccadille pour le touriste étranger qui dépense au moins 1000 dollars (14…millions de dongs) pour faire une balade au Vietnam. Bref personne n’a le sentiment d’arnaquer le touriste, au contraire. Les vietnamiens considèrent ce système de surfacturation comme une évidence parfaitement légitime compte tenu de la différence toute aussi évidente de niveau de vie entre les touristes et les locaux, les premiers devant contribuer à participer à la remise en route économique du pays. Il ne faut pas oublier non plus que le marchandage est une tradition qui s’applique à tous et que tout commerçant digne de ce nom doit toujours adapter son offre à ses honorables clients. C’est au client de marchander le prix, après tout, si le prix ne lui convient pas, c’est lui qui peut décider d’aller voir ailleurs !
Un Euro vaut en moyenne 23 000 dôngs, mais nous, on a été malins: Nous avons emmené un vietnamien avec nous pour négocier les prix… J’ai toujours eu du mal avec les multiplications: ma table de 23 000, je la connais pas bien !